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L’insuline de demain

Publié le 12/06/2021 – Écrit par nina tousch

Note de l’éditeur: cet article fait partie d’une série spéciale d’articles couvrant le congrès ATTD 2021.

Cent ans après la découverte de l’insuline, on n’a toujours rien trouvé de mieux pour le traitement du diabète. Mais les chercheurs travaillent sur l’insuline de demain : l’insuline intelligente, l’insuline orale, l’insuline ultra-rapide, ultra-lente et les biosimilaires. Embarquement immédiat !

L’insuline intelligente

L’insuline intelligente est une insuline capable de répondre aux variations de nos glycémies. Ces insulines ont déjà été pensées il y a 40 ans. De nombreuses études ont été menées sur le design moléculaire et elles ont même été testées sur les animaux. Cependant, une seule étude a été réalisée avec des être humains par le laboratoire Merck et celle-ci a échoué. Cette nouvelle génération d’insuline est un défi pour les chercheurs car l’insuline doit répondre à plusieurs problématiques telles que des questions de toxicité et de réactivité. Une solution serait de combiner une insuline intelligente avec un dispositif médical en boucle fermée.

Bienvenue en 2098, une ère post-diabétique où l’insulino-thérapie fonctionnelle est une pratique du temps d’avant. Aujourd’hui les insulines sont intelligentes et répondent automatiquement aux variations glycémiques.

L’insuline orale

Celle-ci, cela fait des années qu’on en parle. Un chercheur du nom de Harrison en parlait déjà en 1923 (trois ans après la découverte de l’insuline!!) et concluait que l’insuline orale diminuait effectivement la glycémie mais que ses effets étaient variables d’une personne à une autre et qu’une forte dose d’insuline était nécessaire pour être réellement efficace. Et pourtant, l’insuline orale fait rêver. D’une part, parce qu’elle nous éviterait de nous piquer. Puis la voie orale est la voie dite “normale” d’administration des médicaments. D’autre part, c’est plus facile, pratique et de cette manière on aurait plus facilement envie de prendre soin de son diabète.

Il existe déjà sur le marché américain une insuline qui s’inhale nommée Afrezza et ses utilisateurs rapportent qu’ils l’utilisent surtout pour faire descendre plus rapidement une hyper persistante (on en parle dans Le Diabète Enchaîné #1).

Trois laboratoires sont sur le coup.

Biocon et l’insuline Tregopil : le laboratoire investit dans le développement de cette insuline pour les personnes diabétiques de type 1 et 2. Chez les DT2, Tregopil fait ses preuves, surtout en post-prandiale. La recherche est effectuée en partenariat avec JDRF (Juvenile Diabetes Research Foundation).

Oramed : dédiée aux DT2, le laboratoire américain en est déjà à sa seconde phase d’essai clinique auprès de plus de 1000 patients diabétiques.

Insuline 338 par Novo Nordisk : encore eux ! Une étude clinique a comparé l’efficacité de l’insuline orale par rapport à une injection sous-cutanée en 2015 auprès de personnes DT2. Bonne nouvelle, personne n’est mort mais le labo n’a pas poursuivi l’aventure notamment parce que la production de cette nouvelle insuline n’était pas viable économiquement.

Après cent ans de recherches, il n’y a plus de doutes sur l’efficacité de l’insuline orale, et les trois insulines présentées ci-dessus le démontrent. Néanmoins, celles-ci restent  destinées surtout aux DT2. L’insuline du futur, elle, doit fonctionner davantage comme une insuline basale (donc sur plusieurs heures).

L’insuline Basale ou ultra-lente

L’insuline basale est surtout une bonne nouvelle pour les DT2 grâce à une insuline qui s’injecte une fois par semaine et qui dure 200 heures. Une étude présentée en 2020 a démontré l’efficacité de l’insuline basale Icodec (NovoNordisk) par rapport à une insuline lente quotidienne.

L’insuline ultra-rapide

Un sujet brûlant du congrès aux côtés de l’insuline ultra-lente avec la publication des résultats des études cliniques validant l’utilisation de l’insuline ultra-rapide Fiasp (Novo Nordisk). En France, on entend de plus en plus parler de celle produite par Ikea Lilly nommée Lyumvej. Les insulines ultra-rapides améliorent notamment la glycémie post-prandial. 

Les insulines biosimilaires

Les biosimilaires reviennent à l’ordre du jour, notamment parce que la production d’insuline est entre les mains de seulement trois laboratoires et que leurs prix sont exorbitants dans certains pays. Lorsque le brevet d’un médicament est expiré, un laboratoire peut fabriquer et commercialiser un médicament dit “similaire”. Une insuline biosimilaire n’est pas à confondre avec une insuline générique. Ces dernières années, les autorités de santé européenne et américaine se sont emparés du sujets des biosimilaires et ont émis des recommandations. En 2018, Abasaglar était la première insuline biosimilaire autorisée sur le marché européen. C’est un biosimilaire de Lantus produite par Lilly. Aujourd’hui, plus de 20 laboratoires font des études sur les insulines biosimilaires.

Les biosimilaires sont importants car ils créent de la compétition sur le marché et pourraient faire baisser le coût de l’insuline. Finalement, que l’insuline soit orale, ultra-rapide ou hypersonique, on espère qu’elle sera surtout gratuite et accessible à tous.

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